L'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue

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Immigration

Défi de rétention

— Mariella Collini

Dans un contexte où les organisations redoublent d’efforts pour attirer des personnes immigrantes dans la région, de récentes données sur le taux de rétention mettent en lumière que l’établissement à moyen terme reste un défi de taille. Coup d’œil sur les tendances d’établissement des personnes immigrantes avec comme région de destination, l’Abitibi-Témiscamingue.




La Base de données longitudinales sur l’immigration (BDIM) permet d’étudier les caractéristiques des personnes immigrantes au moment de leur admission au Canada ainsi que leur mobilité régionale et leur situation économique. Le présent article se concentre sur le taux de rétention, soit la proportion des personnes immigrantes admises une année donnée et qui résident dans la même province ou région de destination prévue, soit celle indiquée dans leur demande de résidence permanente, un an ou cinq ans plus tard. Le lieu de résidence est établi à partir de la déclaration de revenus.

Évolution de la rétention sur cinq ans
À partir des plus récentes données, on observe que parmi les personnes immi-grantes ayant obtenu leur résidence perma-nente en 2016, près de 41 % d’entre elles résidaient encore en Abitibi-Témiscamingue 5 ans plus tard. Ce taux est deux fois plus faible que le taux provincial de 81 %. Par ailleurs, le taux de rétention tend à diminuer dans la région, avec 9 points de pourcentage de moins par rapport au taux de 50 % enregistré pour la cohorte admise en 2012. En revanche, le taux est resté plutôt stable au Québec, oscillant entre 79 % et 82 %.

En Abitibi-Témiscamingue, près de 56 % des personnes immigrantes parrainées par la famille et près de 42 % de celles issues de la catégorie économique se trouvaient toujours dans la région en 2021, soit 5 ans après l’obtention de leur résidence permanente. Pour les cinq cohortes admises de 2012 à 2016, le taux de rétention sur cinq ans affiche une baisse notable, quelle que soit leur catégorie d’admission (familiale ou économique).

La rétention selon les régions
Pour la cohorte admise en 2016 et toujours présente dans sa région de destination en 2021, le taux de rétention est parmi les plus élevés dans les régions de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine (67 %), de la Montérégie (66 %), de Chaudière-Appalaches (62 %) et de l’Outaouais (62 %). La Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine a enregistré une croissance de 10 points de pourcentage de son taux entre la cohorte admise en 2016, comparativement à la cohorte de 2012. Inversement, les régions du Bas-Saint-Laurent (38 %), du Saguenay–Lac-Saint-Jean (39 %), de l’Estrie (41 %) et de l’Abitibi-Témiscamingue (41 %) détiennent les taux de rétention à moyen terme les moins élevés. Parmi ces quatre régions, seul le Bas-Saint-Laurent a enregistré une augmentation de son taux entre les cohortes de 2012 et 2016.

Rétention après un an
La proportion des personnes immigrantes qui se trouvaient toujours en Abitibi-Témiscamingue un an après l’obtention de leur résidence permanente est passée de 54,5 % pour la cohorte de 2016 à 50 % pour la cohorte admise en 2020. Au Québec, ce taux est passé de 84,5 % à 91 %.  

Taux de rétention1 sur cinq ans, selon la catégorie et l’année d’admission2, 2012 à 2016
> Abitibi-Témiscamingue et ensemble du Québec

 

2012

2013

2014

2015

2016

Abitibi-Témiscamingue

 

 

 

 

 

Total - Immigration permanente

50,0 %

56,5 %

52,4 %

47,8 %

40,9 %

- Parrainé par la famille

0

66,7 %

66,7 %

55,6 %

55,6 %

- Économique

50,0 %

50,0 %

41,7 %

42,9 %

41,7 %

- Réfugié

0

..

..

..

..

Ensemble du Québec

 

 

 

 

 

Total - Immigration permanente

80,5 %

82,3 %

79,3 %

80,4 %

81,1 %

- Parrainé par la famille

91,4 %

93,3 %

93,3 %

93,9 %

94,1 %

- Économique

76,7 %

77,1 %

72,5 %

72,2 %

74,1 %

- Réfugié

83,1 %

86,5 %

85,6 %

88,3 %

84,4 %

Notes : 1. Pourcentage de personnes immigrantes ayant produit une déclaration de revenus dans la province ou la région de destination prévue, comme indiqué à leur demande de résidence permanente, cinq ans après leur admission. Cela ne tient pas compte des personnes immigrantes venant d’une autre destination. Le pourcentage varie davantage pour de petits nombres d’effectifs. 2. Année au cours de laquelle une personne immigrante a obtenu son statut d’immigrant reçu ou de résident permanent. L’année d’admission peut correspondre ou non à l’année d’arrivée.
Source : Statistique Canada. Tableau 43-10-0024-01-Mobilités des immigrants déclarants selon les régions économiques et l’année d’imposition. Traitement : Observatoire de l’Abitibi-Témiscamingue.

 

 

 

 



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