L'Observatoire de l'Abitibi-Témiscamingue

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Emploi et main-d'oeuvre

Candidatures recherchées

— Mariella Collini

En mode recrutement, les employeurs ne s’attardent pas uniquement aux titres scolaires acquis par les personnes candidates. Ils recherchent d’autres exigences pour répondre à leurs besoins : compétences spécifiques, savoir-faire et aptitudes. Regard sur le recrutement, les difficultés rencontrées et leurs impacts au sein des 2 382 établissements de 5 employés et plus de l’Abitibi-Témiscamingue.

 




L'Enquête sur le recrutement, l’emploi et les besoins de formation dans la région1 révèle qu’au cours de l’année 2014, la moitié des établissements avec cinq employés et plus ont effectué au moins une embauche2. Au nombre d’environ 9 000, ces nouveaux employés représentaient approximativement 13 % du volume total de tous les employés. Les embauches ont été majoritairement faites dans les catégories professionnelles de la vente et services, des sciences sociales, enseignement et administration publique ainsi que des métiers, transports et machinerie.

LES EXIGENCES DE RECRUTEMENT

En ce qui a trait au niveau de scolarité acquis et à l’expérience requise pour les embauches faites au cours de l’année 2014, on note, de façon générale, que les employeurs n’exigeaient aucun diplôme (38 %) et aucune expérience (61 %) pour plusieurs métiers et professions. Autrement, plus du tiers des embauches requéraient un diplôme d’études secondaires et près du quart, un diplôme d’études postsecondaires. Environ 20 % réclamaient entre 1 et 3 années d’expérience.

Lors de la sélection de candidates et de candidats, l’enquête définit certaines compétences spécifiques particulièrement importantes pour les employeurs : la connaissance des procédures et des méthodes de travail, l’habileté à travailler avec le public et ex æquo, les connaissances techniques ou informatiques de même que la connaissance du milieu, des lois et de la réglementation. Ils recherchent aussi un personnel capable de travailler en équipe, habile à communiquer oralement et qui fait preuve de raisonnement.

 

Exigences relatives au niveau de scolarité et de compétences à l’embauche
> Établissements de cinq employés et plus de l’Abitibi-Témiscamingue , 2014 et 2015

 

 

 

Exigences des embauches

Exigences des postes difficiles en 2014

Diplôme demandé

  Aucun

  DES - DEP

  AEC - DEC

  Universitaire

38 %

35 %

14 %

10 %

30 %

39 %

11 %

19 %

Compétences spécifiques (plusieurs mentions possibles)

  Connaissance des procédures et méthodes de travail

  Habileté à travailler avec le public

  Connaissances techniques ou informatiques

  Connaissance du milieu, des lois et réglementations

  Capacité physique particulière pour l’emploi

  Habileté pour gérer des projets ou des équipes

  Maîtrise d’une langue autre que le français

 

77 %

75 %

52 %

52 %

48 %

31 %

22 %

 

80 %

80 %

66 %

64 %

45 %

44 %

26 %

Compétences essentielles (3 principales mentions)

  Capacité à travailler en équipe

  Savoir communiquer oralement

  Capacité de raisonnement

71 %

56 %

40 %

64 %

56 %

46 %

 

LES DIFFICULTÉS DE RECRUTEMENT

Ici aussi, de nombreux établissements peinent à recruter. Au moment de l’enquête3, 22 % avaient des postes vacants parmi lesquels 8 % des employeurs ont affirmé éprouver des difficultés à pourvoir le ou les postes depuis plus de 4 mois consécutifs. Sur l’ensemble des postes vacants, le tiers étaient qualifiés de postes en difficultés de recrutement. Les trois principales raisons invoquées pour expliquer ces difficultés : le manque de candidats disponibles, la rareté de main-d’œuvre dans ce domaine ainsi que la difficulté à trouver les compétences professionnelles demandées auprès des personnes candidates.

Lors de la recherche de candidatures aux postes en difficultés de recrutement, les employeurs exigent plus de scolarité ainsi que d’années d’expérience. Sur leur liste de critères de choix, on remarque une plus grande diversité de compétences spécifiques, mais à peu de chose près, les mêmes compétences essentielles que celles déjà mentionnées.

Spécifiquement pour les établissements aux prises avec des postes demeurés vacants pendant quatre mois ou plus en 2014 ou au moment de l’enquête en 2015, plus des deux tiers ont dit ressentir l’impact du manque de main-d’œuvre sur leur activité (diminution de service, capacité réduite de production, délais de réponse, etc.). Quant aux principales actions qu’ils ont mises de l’avant pour atténuer les impacts, notons le recours aux heures supplémentaires (44 % des mentions) et le changement dans l’organisation du travail (27 %).

Finalement, parmi les établissements con-frontés à la problématique de recrutement, plus du tiers d’entre eux n’ont pas adopté de stratégie ou de mesure pour remédier à la situation. Quant à ceux qui ont répondu par l’affirmative à cette question, la mise en place de mesures d’embauche s’est avérée la plus répandue, suivie par l’augmentation des salaires et l’amélioration des avantages sociaux, de même que l’implantation de mesures de conciliation travail-famille.

 

Notes  : 1. Les données du rapport sont présentées sur la base de 1 232 entrevues téléphoniques réalisées du 18 février au 24 septembre 2015. Données pondérées à l’ensemble des établisse-ments de 5 employés et plus. 2. Excluant les employés mis à pied puis rappelés durant la même année. 3. Du 18 février au 24 septembre 2015.

Source : Emploi-Québec (2016). Enquête sur le recrutement, l’emploi et les besoins de formation dans les établissements au Québec (EREFQ), Rapport synthèse – Abitibi-Témiscamingue, Édition 2014-2015.

 



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